Coutumes et traditions
Le mariage et ses rituels, souvent liés aux traditions locales, ont
beaucoup évolués à travers les âges. Pourtant,
il reste encore des traces de ces coutumes dans les mariages d'aujourd'hui....

La robe de mariée
La
mariée était en blanc……ou en rouge, en vert, en
tailleur-pantalon, en jean…Notre époque voit dans le choix
de la tenue du grand jour, l’expression des désirs les plus
conventionnels ou les plus fous des futurs époux. Mais, la robe de
mariée reste encore le vêtement le plus symbolique de tous…la
plupart des petites filles ne se rêvent-elles pas souvent en princesses
d’un jour
Toutefois, si dans les siècles qui ont précédé
le nôtre, la robe de mariée était fort semblable aux
vêtements portés à cette époque dans la vie quotidienne,
robes longues, traînes etc... actuellement elle en est très
éloignée. Les tendances vestimentaires de notre 21ème
siècle sont très unisexes et, avant tout, pratiques.
Regardons un instant en arrière et retrouvons ces traditions antiques
qui ont inspiré la plupart des symboles actuels.
*
Les jeunes épouses romaines étaient revêtues pour leurs
noces de la tunique blanche, d'une couronne de fleurs et d'un voile orangé
le flammeum.
Le début du christianisme a repris la plupart de ces coutumes. Ces
traditions ont ensuite disparu, pour réapparaître progressivement
à partir du Moyen âge: la couronne fait d'abord sa réapparition.
Jusqu'au XVIIIème siècle, des documents nous informent que
la mariée &e ?acute;tait nu tête, les cheveux dénoués
et ceints d'une couronne.
*
Au Moyen Age, la virginité de la mariée allait tellement de
soi, qu'il n'était pas dans les usages de la souligner avec une couleur
particulière, ainsi la jeune femme se parait simplement de sa plus
belle robe, souvent écarlate, car le colorant le plus résistant
à cette époque était la garance qui teintait rouge.
* A partir des Croisades, l'Europe découvre des trésors de
richesse venus d'Orient, déchaînant les passions dans les classes
nobles, les robes de mariage se font alors confectionner dans les plus belles
étoffes et couleurs. L'étalage d'un tel luxe touchant à
l'indécence, des ordonnances royales cherchent à le limiter.
Ainsi en Castille, Isabelle la Catholique prohibe tout port de tissu d'or
ou de soie.
*
Au XVIIIème siècle, les mariées pouvaient éventuellement
s'habiller de blanc le jour de leur mariage, mais la couleur était
beaucoup plus souvent de mise. Le port du voile ne fait toujours pas partie
du rituel. Elles portaient sur la tête de larges rubans de bonnet,
généralement relevés, et souvent en dentelle
* C'est seulement au début du XIXème siècle que la
robe blanche et le voile apparaissent comme tenue de mariée. Suite
à diverses influences et courants, la mode s'inspire de l'antiquité.
Le "flammeum" devient un voile blanc. Les enfants étaient
souvent h ?abillés de blanc, les créateurs de mode eurent
vite fait la parallèle entre l'innocence de l'enfant et celle de
la fiancée, prude et vierge. Cette mode n'apparut que plus tard en
campagne où l'on se maria longtemps en costume traditionnel. L'invention
du tulle mécanique permit aussi de répandre l'usage du voile.
* Dans les années 1950-60, les robes de mariées étaient
"transformables" afin de servir plusieurs fois. Même les
grands couturiers proposaient des robes pouvant être adaptées
par la suite en robe de soirée ou robe de cocktail. Il suffisait
de teindre les étoffes, ou d'ajouter des accessoires colorés,
et le tour était joué.
Les fleurs, les couleurs et les autres symboles
* La mariée romaine de l'Antiquité portait de la verveine,
symbole de fécondité 
* Au Moyen Age, il était dit du romarin qu'il donnait bonne mémoire,
c'est pourquoi il est naturellement devenu le symbole de la fidélité.
* Dans les pays anglo-saxons, les mariées portaient des roses blanches
dans les cheveux, alors qu'en France, c'était la fleur d'oranger
qui était à l'honneur, tra ?dition venue de Byzance, la couronne
de fleurs d'oranger devait attirer la protection divine.
* Les Marguerites et Les Roses : Au Moyen-Age, lorsque la main d'une demoiselle
était demandée, cette femme pouvait porter une couronne de
marguerites, indiquant qu'elle prenait le temps de considérer la
demande, ou une couronne de roses, indiquant qu'elle acceptait la requête
de son futur époux.

* Le Lierre symbolise l'attachement et l'amour éternel : Cela provient
de son feuillage toujours vert et de sa propension à se fixer fortement
là où il pousse. 
* Les Colombes symbolisent la monogamie : Ces oiseaux monogames forment
des couples unis pour la vie, et sont un exemple de fidélité
absolue. 
-
Les Couleurs : Le blanc symbolise la virginité,
le bleu symbolise la fidélité, le gris symbolise les voyages
lointains, le vert symbolise la pudeur, le noir symbolise le refus du mariage,
et le jaune symbolise l'adultère.
- La Mariée :
Il est encore d'usage, de nos jours, que la mariée se tienne à
la gauche de son futur époux pendant les différentes étapes
de la journée. Cette tradition très ancienne découle
de l'époque où l'homme passait un drap sur la tête de
la femme de son choix pour la kidnapper, et où il devait parfois
croiser le fer avec les hommes de sa famille ou d'autres prétendants
: en tenant la mariée avec sa main gauche (et sachant que les droitiers
sont majoritaires), il laissait ainsi sa main droite disponible pour se
servir de son épée.
De plus, la mariée franchit encore souvent le seuil du domicile conjugal
dans les bras de son mari. Cette tradition proviendrait d'une légende,
du temps de l'Empire Romain, qui disait que toute femme qui trébuchait,
en entrant pour la première fois en tant qu'épouse dans la
maison commune, verrait son mariage courir à la catastrophe : La
porter permet d'éviter cela et de conjurer ainsi le mauvais sort.
Le jour de son union, la mariée peut respecter cette tradition qui
veut qu'elle porte, pour un mariage réussi, quatre éléments
au choix, qui pourront être un vêtement, un tissu, etc, mais
qui ont des caractéristiques précises ? :
- Un de ces éléments doit être ancien (un bijou de famille
le plus souvent),
- Un autre doit être neuf,
- Un autre doit être emprunté,
- Un autre doit être bleu.
Cette tradition est issue de l'Angleterre de la fin du 19ème siècle
("Something old, Something new, Something borrowed, Something
blue"). Et sa signification est la suivante :
- L'élément "vieux" : il caractérise le lien
familial de la mariée et sa vie jusqu'au mariage. Pour cela, c'est
souvent un bijou de famille ancien qui est choisi par la mariée.
- L'élément "neuf" : Il caractérise la réussite
et le succès pour la vie à venir. Pour cela, c'est souvent
la robe de mariée qui est choisie par la mariée.
- L'élément "emprunté" : Il caractérise
la chance et le bonheur pour le couple de futurs mariés. Pour cela,
c'est souvent un accessoire ayant déjà été porté,
le jour de son mariage, par une mariée heureuse et comblée,
qui est choisi par la mariée.
- L'élément "bleu" : Il caractérise la fidélité
et la pureté dans le couple. Trouve son origine dans les croyances
des temps bibliques où la couleur bleue représentait la pureté
et la fidélité. De nos jours, de nombreuses mariées
choisissent de porter une jarretière à ruban bleu, détail
plus discret qui permet de respecter cette tradition
La Jarretière :
La jarretière, symbole de pouvoirs chamaniques , pourrait remonter
à l'époque paléolithique. Dans certaines peintures rupestres,
on voit des danseuses qui portent des jarretières. Pour certains, il
pourrait même y avoir une relation entre la jarretière de la
mariée, des fées renfermant des pouvoirs magiques, et l'Ordre
de la Jarretière :
Si dans la préhistoire, elle fut un symbole de pouvoirs magiques, la
jarretière dénota aussi un rang social élevé dans
l'ancien culte des sorcières, puis les mythes l'ont transformée
en amulette magique, dans toutes les légendes et les contes de fées
où elle apparaît.
En fait, la jarretière symbolise le mystère, et surtout la Virginité.
Chez les Hébreux, on disait que le bleu et le blanc sont les couleurs
symboles de l'amour, de la pureté, et de la fidélité.
Les futures mariées étaient donc encouragées à
porter une jarretière à ces couleurs.
Enfin, L'Ordre de la Jarretière, qui est le plus important ordre de
chevalerie britannique, et l'un des plus prestigieux au monde, est considéré
comme la récompense la plus élevée pour la fidélité
et le mérite militaire. Cet ordre serait inspiré d'un incident
qui aurait eu lieu, au 14ème siè ?;cle, tandis que le roi d'Angleterre
Edward III dansait avec la Comtesse de Salisbury : La jarretière de
la Comtesse serait tombée au plancher et après que le roi l'ait
ramassée, il l'aurait attachée à sa propre jambe. La
jarretière était un ruban de velours bleu foncé, brodé
de roses dorées et bordé de chaînes en or. Dans cet Ordre,
elle était portée par les dames au bras gauche et par les chevaliers
au-dessous du genou gauche.
De nos jours, la tradition de la jarretière de la mariée "mise
en vente" provient du fait que les invités, bien avant l'apparition
des listes de mariage, se devaient de participer, financièrement, au
départ dans la vie des nouveaux mariés. Même si, au fil
du temps, l'âge moyen des mariés évolue sensiblement,
auparavant, les conjoints plus jeunes ne refusaient pas une aide financière.
Les temps ayant changé, il est vrai qu'à l'heure actuelle la
tradition de la jarretière se perd un peu …

Les Dragées :
La tradition des dragées n'est pas liée à la religion.
On les retrouve à l'occasion de toutes les fêtes familiales et
les dragées restent une tradition très vivace. Tout commença
avec l'amande que, dans la Grèce Antique, on trempait dans du miel
avant de la déguster. C'est d'ailleurs une légende grecque qui
a associé les amandes à l'amour : ?Un jeune homme grec, qui
devait épouser la femme qu'il aimait, dû, avant le mariage, retourner
à Athènes où son père venait de mourir. Il promit
à son aimée de revenir pour la date du mariage, mais estimant
mal le temps nécessaire au voyage, il ne revint que trois mois plus
tard. Durant ce temps, le jeune femme, persuadée que son amour ne reviendra
pas, se donne la mort par pendaison. Les Dieux, touchés par cette preuve
d'amour si intense, la transforme alors en amandier, arbre qui se met à
fleurir lorsque le jeune homme lui offre son amour éternel… Dès
le 16ème siècle, il est fait une grande consommation de dragées.
Les monarques eux-mêmes ont un drageoir dans la poche. En 1651, Colbert,
ministre et fondateur de l'Académie des Sciences, note qu'il se fait
à Verdun un grand commerce de dragées. A cette époque,
on offre des dragées dans toutes les Cours Princières d'Europe…
C'est en effet à Verdun, en 1220, que sont fabriquées les premières
dragées. A cette date, les dragées sont vendues aux femmes enceintes
par les apothicaires, comme bienfaisantes pour leur grossesse.
Les dragées symbolisent donc principalement la garantie de l'Amour
éternel, de la fécondité et de la descendance aux jeunes
mariés. Les invités l'emportent aussi comme un souvenir, et
ceux qui n'ont pu assister au mariage recevront ce témoignage de l'affection
des mariés. C'est aussi une façon de prolonger la fête.

L'Alliance :
Lorsque l'on se marie, on fait alliance, on s'unit à vie pour le meilleur
et pour le pire. D'où le nom "alliance" donné à
cet anneau échangé lors du mariage.
L'alliance, comme la bague de fiançailles d'ailleurs (bague de fiançailles
uniquement pour la femme, car lors des fiançailles, on ne fait pas
alliance, mais juste une promesse de mariage), est traditionnellement portée
à l'annulaire gauche, doigt qui, selon une légende de l'Ancienne
Egypte, se trouve placé sur le chemin de la "Vena Amoris"
(Veine de l'Amour) qui mène directement au cœur…
En fait, cela viendrait du fait qu'au 17ème siècle, à l'occasion d'un mariage chrétien, le prêtre qui officiait lors de cette cérémonie, après avoir touché, les uns après les autres, les trois premiers doigts de la main gauche, le pouce, l'index et le majeur (Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit), arriva alors au quatrième doigt, l'annulaire, qu'il choisit comme place pour l'alliance.
A l'instar des anneaux antiques qui étaient en fer, les alliances sont toujours assez sobres de nos jours : Elles peuvent être en or jaune, en or blanc, en argent, et sont parfois serties de pierre précieuses.

Le Lancer de riz :
Le lancer du riz à la sortie de l'église symbolise la prospérité
et la fertilité pour les nouveaux mariés. Cela remonte à
un très ancien rite païen consistant à lancer des graines
sur les jeunes mariés, graines dont la force et surtout la fertilité
leur seraient ainsi automatiquement transmises…
De nos jours, les confettis et autres pétales, outre leur effet visuel
non négligeable, ont aussi la réputation d'éloigner les
"mauvais esprits" loin des jeunes époux.

Le "Voile" :
Même s'il est vrai que le mot "voile" est plus souvent employé
pour parler d'une femme en deuil, et que cette tradition se perd peu à
peu, certaines mariées arrivent encore "voilée" jusqu'à
devant l'autel de l'église.
Cette tradition du voile pourrait provenir de l'époque ancienne où
l'homme passait un drap sur la tête de la femme de son choix pour la
kidnapper, "coutume" qui se serait ensuite transformée à
l'époque des mariages arrangés, pour devenir une habitude de
masquer le visage de la mariée jusqu'au moment où les époux
était officiellement engag&e ?acute;s. Ainsi, les critères physiques
ne devaient pas entrer en ligne de compte pour le mariage.
De nos jours, à la fin des cérémonies, la mariée
qui porte un voile en tulle, le découpe en rubans assez longs et les
distribue aux femmes célibataires présentes, en gage de leur
mariage prochain. Ou bien, elle le garde pour décorer le berceau du
futur enfant...

Le Pot de chambre :
Il s'agirait d'une tradition totalement franco-française, un peu en
désuétude de nos jours, mais qui n'a pas beaucoup évolué
au fil des années. Cela viendrait tout droit de la région aveyronnaise,
puis aurait été pratiquée en Bretagne et en Savoie, avant
d'être reprise par d'autres régions françaises.
En
fait, le jour du mariage, les mariés se promenaient sur une charrette
tirée par un âne, en tenant le pot de chambre, annonçant
ainsi la "cérémonie" aux villageois ("La Danse
de l'âne"). Puis, le lendemain du mariage, très tôt
le matin, les jeunes se mettaient à la recherche des mariés,
qui s'étaient éclipsés, pour leur apporter le pot de
chambre : Il s'agit de la Course aux Mariés. Les jeunes invités
étaient séparés en 2 groupes, l'un étant chargé
de faciliter la fuite des nouveau mariés, et l ?'autre de trouver les
mariés, en se rendant au passage dans toutes les maisons du village
pour se faire offrir à boire. La course était réussie
lorsque, après voir bien bu, le second groupe réussissait à
retrouver les mariés. Les jeunes époux devaient être bien
cachés, mais la tradition voulait qu'ils soient finalement toujours
rattrapés : Alors, ils étaient sortis du lit et devaient boire
le pot de chambre. La mariée buvait en premier puis le marié,
et enfin les invités présents. Le pot de chambre revêtait
une grande importance : Il devait redonner vigueur aux mariés après
leur nuit de noces. Il symbolisait ainsi la fin des noces et le changement
de statut des nouveaux mariés, qui devenaient définitivement
des adultes.
Les recettes du pot de chambre varient en fonction des goûts et des
régions. On y retrouve souvent des bananes, du chocolat, divers alcools,
des épices, du pain…, parfois accompagné de papier toilette,
ce qui ne va pas sans rappeler ce qui se trouve habituellement dans un pot
de chambre...
