Je me présente, je m'appelle Krystel Lemblé.

Je me suis mariée le 18 septembre 2004, dans un petit village du 13. Un peu plus d'un an de préparatifs pour aboutir à une merveilleuse journée. Au cours de cette année, j'ai fais des rencontres formidables et j'ai appris énormément de choses sur le mariage. Ce sont ces choses que j'ai envie de partager avec vous.

Nous sommes en novembre 2003, et je viens d’être demandée en mariage par C., l’homme avec lequel je vis depuis un peu plus d’un an. Ma réponse fut instinctive et rapide : oui ! Et voilà le grand branle-bas de combat de lancé ! Après quelques discussions, nous avons décidé de nous marier en septembre 2004. Cela nous laissait environ un an pour tout préparer, et je me suis attelée à la tâche très rapidement. Une des premières choses que j’ai faites, hormis l’annoncer à nos proches, fut de me précipiter sur Internet et commencer des recherches. Je savais qu’il fallait commencer tout de suite, notamment pour obtenir une salle, surtout dans notre région.
Les différentes démarches classiques de la préparation d’un mariage se sont faites normalement : recherche d’une salle, traiteur, robe, alliances, DJ…….et les mois passaient tranquillement. Bien sur, il y a eu des pics de stress, mais notre date était réservée, notre salle aussi, ma robe était en cours de création et tout se présentait pour le mieux…ou presque.

La famille de C. est catholique assez pratiquante, et il a été baptisé. Personnellement, je suis croyante, j’ai été élevée dans la pensée chrétienne, mais je ne suis pas baptisée, et n’appartiens à aucune confession. Je ne me reconnais pas du tout dans les dogmes et pratiques catholiques, et en conséquence je ne souhaitais pas me marier à l’église. C., quant à lui, n’avait pas envisagé autre chose qu’un mariage à l’église, car à ses yeux, c’est un lieu plein de symboles et d’histoire, malgré qu’il ne soit absolument pas croyant, voire anti-clérical. Nous avions donc un problème.

Un jour, nous étions dans une grande surface, et à mon habitude j’ai été voir le rayon des livres car je cherchais un genre de guide sur les prépas de mariage. Et je suis tombée sur LE livre qu'il me fallait. Il s’agissait de : Se marier autrement Comment inventer une cérémonie civile ou religieuse de Florence Servan-Schreiber. Je l’ai feuilleté, assise au milieu de la travée, et j’ai dis : voilà ! c'est exactement ce qu'il nous faudrait !
Voici comment le présente l’éditeur : « Beaucoup de couples ne se contentent plus d'un simple mariage civil ou religieux, mais souhaitent une cérémonie plus personnelle. Ce livre vous permettra de célébrer votre union de manière différente, que ce soit dans un lieu de culte, à la mairie, ou tout simplement dans un endroit que vous aimez et que vous avez choisi. Cet ouvrage unique, qui rappelle les rituels et les symboles de toutes les grandes traditions du monde, vous donnera des centaines d'idées, de conseils, de témoignages et de chemins à suivre pour inventer et réussir une cérémonie de mariage sur mesure.
Florence Servan-Schreiber est journaliste. L'engagement que représenta son mariage fut l'occasion d'un rituel unique et créatif.
»

Je ne l’ai pas acheté ce jour-là, mais il est resté dans ma tête, et j’y pensais souvent. Alors je suis allée sur Internet, et j’ai cherché si je trouvais des informations. Je fréquentais assidûment le forum mariage du site www.aufeminin.com et c'est ainsi, j’ai trouvé quelques renseignements. D’autres filles avaient eu ce livre entre les mains, ou bien s’étaient renseignées sur Internet et étaient tombées sur le site de l’Action Laïque en Belgique http://www.ulb.ac.be/cal/indexlaicite.html

J’ai commencé à en parler un peu à C. et à lui expliquer mon point de vue, chose que j’ai dû réitérer plus tard, devant sa mère et sa grand-mère. A mes yeux, le mariage religieux est avant tout un acte de foi. Dans notre société laïque, seul le mariage civil est légal. On ne peut se marier à l’église sans passer d’abord devant M. le Maire. Il s’agit donc d’un acte de foi pour les couples qui décident de se marier religieusement…en théorie. Combien de fois a-t-on vu des couples se marier à l’église non par conviction, mais plutôt par tradition, pour faire plaisir ou encore, pour faire le décorum? parce que l’on n' a que cette représentation là quand on pense mariage (entrée de la mariée au bras de son père sur le marche nuptiale jouée par les grandes orgues……………..) ? Pour moi, il aurait été très hypocrite de ma part d’aller mentir dans une église, faire la préparation avec un prêtre sur quelque chose dans lequel je ne me reconnais pas. Et puis, cela aurait été un manque de respect total pour les croyants.

Toutefois, on estimait quand même qu’il manquait quelque chose de plus profond, ritualisé peut être, cérémoniel sûrement. Il faut bien le reconnaître, notre société manque de rites, et le mariage civil est un peu trop souvent expéditif, et surtout, à aucun moment cet acte administratif ne prend en compte ce qui a amené un homme et une femme à vouloir se marier : l’amour. Il n’y a pas d’échange de vœux, mais un échange de consentement à appliquer les articles de lois expliquant nos droits et nos devoirs l’un envers l’autre. Alors comment faire ? puisque tout le cérémonial, tout le rituel passe, dans notre société, par le mariage religieux. Comment avoir une cérémonie à son image ? comment faire participer nos proches, leur demander leur bénédiction, leur prouver notre amour ?


On constate que quelque fois, certains Maires acceptent que la cérémonie civile soit agrémentée de quelques textes lus par les proches des mariés, voire même à faire une entrée musicale. Surtout dans les petites communes où les mariages ne s’enchaînent pas toutes les 15 minutes, ou bien, si il s’agit du dernier mariage de la journée. Il s’agit là d’une reconnaissance du besoin de rites de l’être humain.

J’ai donc fini par acheter le livre de Florence et je l’ai dévoré. Et ensuite, j’ai essayé de construire une cérémonie à notre image. J’ai donné la trame à lire à ma mère et à mes beaux parents. Et ils ont aimé. On a demandé à nos mères de choisir un texte parmi ceux qu’on avait sélectionné, pour qu’elles participent à cette cérémonie. Puis, on a aussi demandé à nos amis et témoins de faire de même. Enfin, le choix de l’officiant a été très facile : nous avons demandé à l’ami qui a été quelque part l’instrument de notre rencontre. Intrigués, ils ont toutefois tous accepté.
Restait à trouver le lieu de cette cérémonie. Tout naturellement, mes beaux parents ont proposés qu’on le fasse dans leur jardin. Ils ont acheté une belle tonnelle pour l’occasion.

Bien sur, tout n’a pas été rose ni facile. La grand-mère de C. n’admettait pas le fait que l'on n’aille pas à l’église, comme tout le monde. Il n’y avait aucunement une question de foi dans ce discours, simplement la tradition. Elle en était même à dire qu’elle ne viendrait pas. Mais tout s’est bien passé finalement, car elle est bel et bien venue.

Le jour du mariage, la cérémonie civile a duré 15-20 minutes. Nous étions quand même émus, car cet acte nous engageait vis-à-vis de la société. Mais l’émotion a atteint son paroxysme lors de notre cérémonie d’engagement. Malgré les quelques couacs dus au trac des uns ou des autres, notre cérémonie fut très belle et émouvante. Notre officiant, Manu, était tellement ému…. ! ! ! et tous nos amis et témoins qui disaient un texte, nos mamans….Lorsque j’ai lu ma déclaration à C., j’ai eu beaucoup de mal à retenir mes larmes. Au moment des symboles, quelle difficulté d’avaler un morceau de pain lorsqu’on a la gorge nouée ! ! ! j’ai apprécié la gorgée de vin d’après. Lorsque Manu nous donne les roses où sont accrochées les alliances, celle de C. tombe et le nœud de la mienne ne voulait pas se défaire ! Nous avons ris, nous avons pleuré, nous avons pensé à nos proches qui n’étaient plus là… Et tout le monde a été agréablement surpris par cette nouveauté. La grand-mère de C. ne cesse de dire à ses amis que son petit fils a fait un grand mariage.

Lorsqu’en 2005, j’ai créé le site des Laïciennes, je n'avais pas la prétention d'établir un guide du mariage infaillible, non. J'avais juste eu envie de mettre par écrit ce qui nous a permis de faire de notre mariage un moment unique et inoubliable pour nous et nos invités. Grâce au forum, j’ai fait encore de belles rencontres, virtuelles et réelles ; j’ai partagé les joies, les angoisses, les doutes de dizaines de couples qui avaient eux aussi choisi de ne pas faire comme tout le monde. J’ai eu l’honneur d’officier en tant que Maîtresse de cérémonie au cours de deux mariages, et ce fut à chaque fois un moment intense d’émotion, de partage, d’amitié.

Au fur et à mesure, chaque couple apporte sa pierre à l'édifice, ajoutant son expérience, ses idées, et c'est un formidable partage. Je suis heureuse de voir comment évolue le site, le forum ; heureuse quand je lis certains messages me remerciant d'avoir crée le site et le forum. Et j’ai eu la joie aussi de voir apparaître un article sur les cérémonies d’engagement et un encart sur le site et le forum dans un magazine de mariage.

Et si aujourd’hui, mon mariage prend fin, ce n’est pas pour autant que je renie tout ce qui a été fait et vécu dans la joie et le bonheur de cette journée unique. Un jour peut être aurais-je l’occasion de revivre cette émotion, différente forcément, mais quoi de plus naturel lorsqu’on choisi de S’Engager Autrement ?

Pour finir, si j'avais un conseil à donner aux couples qui veulent s'unir, ce serait le suivant : votre union doit vous ressembler et doit être à votre image. Si le mariage religieux ne vous correspond pas, soyez honnêtes avec vous mêmes, et avec les autres pour qui c'est important. On oublie trop souvent que c'est un acte de foi avant tout. Ce n'est pas juste pour faire joli, faire comme tout le monde ou pour faire plaisir à la famille qu'on se marie. Si vous souhaitez vous engagez l'un envers l'autre, faire participer votre famille, vos amis, témoigner devant eux de la force de votre amour et de votre engagement, rien ne vous empêche de créer une cérémonie à votre image. Elle sera vraie, émouvante, sincère et surtout, elle sera unique...